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Une exposition d’ISiS « Embarquement pour l’Asie » est à découvrir en Mairie, jusqu’au 26 mai.

Sous le pseudonyme d’ISiS, l’artiste a développé les techniques de la photographie argentique dès son plus jeune âge. Membre de la Fédération Photographique de France, elle a été initiée dans son enfance à l’art de « peindre avec la lumière » par son père qui lui offrit un petit boitier télémétrique alors qu’elle n’avait qu’une dizaine d’années. Comptant désormais plusieurs expositions à son actif elle nous explique sa démarche.

Parcours et démarche artistique
Dans une époque où une déferlante d’images essentiellement numériques nous submerge, elle poursuit une démarche photographique faite de lenteur et d’incertitude : la photographie argentique en noir et blanc.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre démarche ?
Après l’apprentissage de la photo sur un petit boitier télémétrique totalement manuel, j’ai, de longues années durant, utilisé des boitiers réflex avec leurs zooms et leurs nombreuses aides électroniques (autofocus, mémorisation d’exposition, prise de vue motorisée…), aides qui me laissaient trop souvent le sentiment de me déposséder de ma décision et de mes choix photographiques.
C’est ainsi que peu à peu j’ai décidé d’épurer ma pratique photographique :
– d’abord, en abandonnant la couleur pour le noir et blanc, supprimant une composante dont la présence me semblait distraire de l’idée ou du message que je souhaitais faire passer dans mes clichés. Avec le noir et blanc, en effet, il n’est plus question de restituer directement ce que l’on a vu, mais de le réinterpréter, partager un ressenti, susciter des émotions…
– ensuite, en abandonnant mes réflex pour revenir vers les petits boitiers télémétriques manuels de mon enfance aux focales fixes et sans aide électronique.

Comment décririez-vous votre rapport à l’argentique ?
Avec cette pratique de l’argentique, je fais le choix de prendre mon temps, de penser et réfléchir ma photo avant même de porter l’appareil à l’oeil et de choisir le moment du déclic. L’appareil n’est plus que le prolongement de l’oeil, un outil qui me laisse la décision finale, bonne ou mauvaise…que je ne découvrirai que longtemps après le déclic, en développant la pellicule.
Je poursuis ce travail d’écriture photographique dans ma chambre noire, développant les négatifs, les tirant et les agrandissant sur papier argentique. Ce travail sous l’agrandisseur me permet de modeler l’image enregistrée sur la pellicule, la sculpter et l’interpréter pour lui donner force et sens.

Pourquoi avoir privilégié l’Asie ?
Dans cette démarche toute tournée vers l’humain, vers la découverte de l’autre, l’Asie est depuis mon premier séjour au Vietnam en 1998, un lieu d’expression privilégié. L’accueil de ses populations fait de gentillesse, d’ouverture, de simplicité me laisse à chacun de mes voyages un sentiment de sérénité et d’apaisement qui, année après année, m’attire toujours aussi irrésistiblement.
Avec cette exposition, je souhaite partager ces rencontres avec les populations de Birmanie, du Vietnam, du Cambodge, de Bali, des Célèbes… des regards, des moments fugaces d’échange, de complicité avec des femmes, des enfants et des hommes, si différents et si proches…

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